Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 10:14

Notre voyage en Jordanie continue… La dernière fois, nous avons traité les trois premiers jours de notre périple : il est vrai que le Wadi Ram et Petra regorgent de beautés, mais la fin de notre raid n’a pas été moins riche.

Samedi, nous nous sommes donc réveillés à Madaba. Le programme a été un peu adapté pour permettre de tout voir. Nous sommes partis vers 7h00 en direction du Mont Nébo situé à 8km de la petite cité jordanienne. La tradition a lié ce lieu à la mort de Moïse (cf. Dt 34) lorsque Dieu a fait voir au patriarche l’immensité de la Terre Promise. Depuis Madaba, on ne monte pas vraiment mais le Mont forme un promontoire qui s’avance pour dominer la dépression du Jourdain et la Mer Morte. On se situe à cet endroit face à Jéricho. Et honnêtement, quand on est sur place, le texte biblique est à peine exagéré : c’est époustouflant !!!

Jérusalem, Hébron, l’Hérodium, Naplouse : tout cela à portée de mains… Comme nous sommes arrivés tôt le matin, le soleil éclairait le panorama sans la mauvaise brume qui monte dans la journée. Dans la vallée, on discernait sans peine Jéricho, Qumran…




Au sommet, les Byzantins ont construit dès le début du 4° siècle un monastère, que la pèlerine Égérie visite en 381. Les franciscains ont racheté et fouillé le terrain dans les années 30. Au dessus des ruines de l’église (les mosaïques sont magnifiques !) ils ont installé un toit en tôle ondulée. Dans les ruines du monastère, une grande croix / serpent moderne évoque le serpent de bronze de Nb 21.

 






Après la visite, nous avons célébré la messe. Ensuite, passage rapide au petit musée pour voir la réplique de la stèle de Mésha, roi de Moab au 9° siècle av. J.-C. Cette stèle est importante parce que le roi Mésha y a inscrit sa victoire sur les Israélites afin que personne ne pût l’oublier.


L’original est au Louvre et au petit musée, il n’y avait qu’un dessin de la stèle…

 

 

 

 

 

 


Puis retour à Madaba pour voir la carte-mosaïque de l’église Saint-Georges. La mosaïque a été découverte au moment de l’installation des chrétiens sur ce lieu abandonné depuis des siècles dans les années 1880. Les chrétiens pouvaient construire d’église seulement sur les lieux où des églises avaient déjà été construites. Les orthodoxes ont trouvé la mosaïque sur le sol d’une des églises mais ont tout de même construit leur église dessus Il n’en reste que quelques fragments, qui se révèlent pourtant très éloquents.

La carte a été faite dans les années 560 par les artistes de la région réputés pour leur savoir-faire. C’est une carte assez précise de la Terre Sainte, de la Syrie à l’Égypte. Les lieux sont nommés et un petit dessin accompagne souvent : dessin de la ville, croquis évoquant un épisode biblique, animaux sauvages. Humour du mosaïste qui montre les poissons dans le Jourdain : l’un d’entre eux descend vers la Mer Morte, mais le second vient à sa rencontre pour fuir la salinité de la “Mer du Sel” !!!

Jérusalem est représentée assez précisément et les archéologues s’échinent à identifier chacun des bâtiments représentés. En tout cas, les rues bordées de colonnes existent encore de nos jours !

Puis le bus nous a menés jusqu’au bord du Jourdain. Nous avons visité le site baptismal retrouvé en 1995 sur la rive jordanienne du Jourdain. C’est le fameux “Béthanie au-delà du Jourdain” dont parle saint Jean en 1, 28 et 10, 40. Archéologiquement et exégétiquement, il n’est pas sûr que ce site soit celui où Jésus a été baptisé par Jean, mais il est assuré que c’est là que les premiers chrétiens faisaient mémoire de l’événement. C’est aussi là que la tradition a situé le lieu où le prophète Élie a passé du temps au désert (1Rois 17) et est monté au ciel sur un char de feu (2Rois 2). Donc on voit bien le lien que la tradition a fait entre Élie et Jean-Baptiste.

 


Comme le site est sur la rive du Jourdain, fleuve qui marque la frontière entre la Jordanie et le territoire palestinien encore occupé par Israël, il faut traverser une zone militaire déminée. On a vu les vestiges des églises construites là dans les premiers siècles et dont nous connaissions l’existence par Eusèbe de Césarée, le Pèlerin de Bordeaux (333), l’Anonyme de Plaisance (570). Puis on a prié sur le bord du Jourdain. La chaleur était étouffante et le soleil enragé.


Le site a été donné par le roi de Jordanie aux chrétiens. Les orthodoxes ont construit une chapelle aux dômes dorés (financée par Poutine) et un monastère est en cours de construction. Les catholiques sont prêts à construire leur église mais il manque une communauté religieuse pour animer le site : le climat n’est pas nécessairement des plus cléments. Malgré tout, le lieu est très émouvant et évocateur.

 


Encore deux heures de bus avant d’arriver à Jérash, la Gérasa de la fameuse Décapole (cf. Mc 5, 1). C’est une cité immense, la “Ville aux 1000 colonnes”. Il doit bien y en avoir plus de 1000 mais l’impression à l’arrivée est saisissante : depuis la “Place ovale” considérée comme le forum de la ville part le Cardo Maximus qui mesure plus de 800 mètres et est bordé de colonnes. La plupart ont été relevées mais certaines tiennent debout depuis 2000 ans.

Plusieurs portes monumentales rythment le site. Gabriel Humbert, frère de Jean-Baptiste qui est prof à l’École Biblique, nous a fait visiter les lieux où il vit depuis près de 30 ans. Il nous a montré les vestiges du temple hellénistique de Zeus démonté et remplacé par un autre typiquement romain (restauré par le Louvre). Passionnant, car s’il n’est pas archéologue, il a tout lu sur Jérash et son aisance à parler fait le reste.

Jérash est immense et tenter de résumer est une entreprise vouée à l’échec. Mais nous avons vu des temples, un nymphée, des escaliers monumentaux, des églises byzantines, le temple d’Artémis avec sa colonne tremblante (on glisse la main sous la base de la colonne et on sent le balancement lent de la colonne), deux théâtres, un hippodrome qui semble n’avoir jamais été achevé (maintenant on y fait du Ben-Hur) et surtout la première scie circulaire hydraulique connue (la seconde date du 12° siècle en Allemagne du Nord). On a passé près de trois heures avec Gabriel et on ne s’est pas ennuyé un instant.


On a rejoint notre hôtel où on a profité de la piscine mais dans ces pays musulmans, on est très prude et les piscines sont cachées derrière de hauts murs. Du coup, elles ne sont jamais chauffées par le soleil et restent plus que fraîches. Mais la nuit fut bonne et on a fait la grasse matinée.

Pour ce dernier jour, nous sommes allés à Umm-Qays, la Gadara de la Décapole (cf. Mt 8, 28). Le site est bâti sur un promontoire qui domine le lac de Tibériade et le défilé du Yarmouk qui marque la frontière entre la Jordanie et le plateau du Golan syrien annexé par Israël. La ville a été peu fouillée, pâtissant de la proximité avec la splendide Jérash où tout le monde veut fouiller. On a tout le matériel habituel : rues, temples, églises byzantines, théâtres, nymphée… Au fond du site, près d’une ancienne église, nous avons célébré la messe. À ce moment, le temps a tourné. Le khamsin s’est levé, ainsi que la chaleur. Repas au resto du site. Puis bus jusqu’à la frontière israélo-jordanienne de Beth-Shéan. Il a fallu patienter pour que tout le groupe passe. Mais à 18h00, nous étions à la maison.


Le soir, nous avons voulu réviser nos classiques et voir Indiana Jones et la dernière croisade.

Nous sommes revenus enchantés de ces cinq jours inoubliables ! Souvenirs, images, rires, temps de prières, on s’est régalés. À refaire ! Ciao la Jordanie !!!

Par EtienneJ. - Publié dans : zazajeru
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 12:45

Cher amis,

Ce voyage en Jordanie a été une merveille. Cinq jours, c’est à la fois court et très dense… Nous sommes allés de beautés en beautés.

Départ mercredi matin, après un lever aux aurores… Le bus nous a conduits jusqu’au poste frontière d’Aqaba. Finalement, ça fait bien quatre heures de route. Nous nous sommes arrêtés sur les bords de la Mer Morte, à Ein Boqeq, puis près de Timna (les fameuses mines du roi Salomon, exploitées depuis 6000 ans).

Aqaba se situe au fond du golfe auquel elle a donné son nom, du côté jordanien. Il ne reste pas grand-chose de la petite cité conquise par le colonel Lawrence. Le site est en plein boum économique. On voit de grandes avenues bordées de palmiers qui attendent d’être garnies de bâtiments. Pour attirer les investisseurs, le gouvernement a fait d’Aqaba une zone franche.

Le passage de la frontière s’est assez bien passé. Nous sommes montés dans un nouveau bus, jordanien cette fois-ci. Une bonne heure de route à travers un wadi.

Ensuite, nous sommes montés à bord de véhicules 4x4 pour une excursion dans le Wadi Ram. On s’est bien amusés. Il est vrai qu’on devait ressembler à de braves touristes mais c’était fantastique !!! Les rochers de grès rouge et noir, le sable roux et rugueux. Plus le temps avançait, plus la lumière était belle. Nous avons fait quelques haltes en chemin pour voir des inscriptions et des gravures nabatéennes, un endroit où nous avons ramassé des éclats de turquoise. On s’est aussi un peu amusés dans les dunes. Nous avons donc vu le Wadi Ram proprement dit et le rocher appelé les Sept Piliers de la Sagesse. Dans le Wadi Ram, nous avons vu le lieu où a été tourné Lawrence d’Arabie. En plus, il faisait une douce chaleur (moins de 30° C), le vent soulevait ça et là le sable en colonnes de nuée.

Au retour, après quatre heures de rodéo, nous sommes rentrés au village. Nous avons fini par arriver au bivouac pour la première nuit. Installation, célébration de la messe dans le désert avec un petit autel en pierres sèches, repas préparé par le bédouin qui nous accueillait (Quatorze enfants avec une seule femme !). Le ciel était d’une pureté extraordinaire : nous avons passé un bon moment à regarder les étoiles. La nuit sous tente s’est bien passée.

Le matin, lever aux aurores, petit déjeuner rapide : thé, café, pain, œuf dur… Puis nous avons pris le bus vers Pétra. Une heure et demie de route… Nous nous sommes arrêtés sur un promontoire pour admirer de loin le site. On voyait très bien le Sîq, le défilé qui donne accès à la ville.

Pour accéder au site, il faut marcher deux bons kilomètres (on peut aussi louer une calèche ou un ânon), d’abord entre des rochers dont certains sont taillés et sculptés en tombes. Puis on arrive à une digue qui empêche l’eau de pénétrer dans le défilé. Le wadi est détourné vers un autre wadi grâce à un tunnel qui la fait passer de l’autre côté.

Nous avons suivi le Sîq qui mesure un bon kilomètre. C’est vraiment étroit. De loin en loin, les hautes parois sont sculptées : niches, représentations d’une caravane. En certains endroits, la roche est veinée de rouge, gris, bleu… Au bout, le rocher semble s’ouvrir pour laisser surgir la splendeur de la façade du Trésor, le Khazneh. À 9h15, la façade est toute illuminée. Vraiment cela dépasse tout ce qu’on peut imaginer et décrire. Le monument en impose puisqu’il mesure 40 mètres de haut. Il est entièrement taillé dans le roc, sans rien de bâti. Fascinant ! Le Khazneh est un tombeau mais la salle est un cube vide sans plus aucune trace de décoration, ce qui tranche avec le faste de l’extérieur.

Le Khazneh est une splendeur mais finalement, ce n’est que la mise en bouche d’un site immense : 3km sur 5. La ville était occupée par les Nabatéens, des nomades qui à partir du quatrième siècle av. J.-C. ont commercé entre Gaza et l’Asie : encens, soie, épices… Pétra était leur capitale, cachée dans les montagnes mais comme ils vivaient sous la tente, les seuls bâtiments en dur qu’ils ont laissé sont les tombeaux. Cela confère au site un aspect d’immense nécropole, presque un “cimetière des éléphants”. Les Nabatéens ont été soumis par Trajan en 106. Petra est ensuite devenue un évêché byzantin et progressivement abandonnée mais jamais complètement puisque des bédouins l’occupaient encore dans les années 1960, avant que le site ne soit aménagé pour le “tourisme de masse”. Le site a été révélé à l’Occident par un Suisse et popularisé dans l’iconographie par l’anglais David Roberts en 1839.

Nous avons tourné à gauche ensuite pour monter vers le haut lieu. Une demi-heure de grimpette (fraîcheur de l’air, vent frais, un régal). Il s’agit d’un lieu de sacrifice et de culte, avec une table des offrandes, un autel des sacrifices et un bassin pour le sang. Le panorama est vertigineux. En fait, on compte plusieurs de ces lieux à Petra, mais celui-là est le plus beau. Du coup, nous nous sommes mis un peu en contrebas pour célébrer la messe de l’Ascension. La deuxième lecture de la fête extraite de l’épître aux Hébreux prenait alors un relief particulier.

Nous sommes descendus de l’autre côté. Quelques tombes splendides. Visite du “temple de la fille de Pharaon” (à l’époque beaucoup de noms ont été donnés en référence à l’égypte) fouillé et restauré par l’université de Nanterre.

Enfin, halte bienvenue au resto du site. Après le repas, un temps de sieste puis visite du petit musée : quelques mosaïques, des céramiques nabatéennes, quelques sculptures. Nous sommes ensuite montés au “Monastère” Ad-Deir. Encore une belle bavante, mais ça valait le coup. Le Monastère a pris ce nom puisqu’il semble avoir servi d’église à une époque. C’est le plus grand des tombeaux de Pétra (50x45m). L’après-midi, la façade est éclairée en face. Il y avait un type qui est monté tout en haut, au sommet de l’urne. Vous l'entrapercevez sur le demi-fronton de gauche...


On a continué un peu pour admirer le panorama sur la dépression de la Arabah entre le sud de la Mer Morte et Aqaba. Encore vertigineux. Redescente vers le resto.






Puis de là, nous sommes allés vers le Tombeau du Turcoman, il est un peu excentré mais il a été fouillé et décrit par l’École Biblique en 1896. Grâce à la technique de l'époque, vous pouvez voir les révérends pères Lagrange, Jaussen et Vincent lors de l'estampage de l'inscription nabatéenne qui orne la façade. L'échelle est artisanale et faite avec les moyens du bord.


Là, nous avons fait une photo de groupe.

 

 

 

 

 

 


Puis, nous sommes vite retournés à l’entrée du site. Retour au bus et installation à l’hôtel. Repas excellent et nuit reconstituante.

 


Le lendemain matin, nous sommes retournés à Pétra pour la matinée. L’arrivée sur le site est toujours aussi fascinante même si la surprise joue moins. De plus, la façade n’était pas encore touchée par le soleil.

 




Nous avons vu à ce moment les tombeaux palais. C’est à faire plutôt l’après-midi pour jouir de la lumière et des couleurs mais c’est tout de même splendide. Puis, nous avons vu l’église byzantine avec ses mosaïques splendides et l’évêché, avec sa jolie chapelle décorée de quatre colonnes de granit bleu.

 

 


 

 

Passage rapide au grand temple fouillé par une université américaine. Ensuite, nous avons à regret quitté Petra. Les yeux pleins de lumière, de couleurs, des formes baroques et improbables que le vent a donné aux bâtiments.

Pique-nique à l’entrée du site et départ du bus vers le nord, et Madaba, par la route des Rois. Le paysage est captivant, un plateau et de grandes vallées à traverser.

À Madaba, nous sommes arrivés à six heures moins dix, juste à temps pour visiter l’église Saint-Georges avec sa fameuse carte-mosaïque du 6° siècle. Mais en fait, on ne pouvait rien voir puisque l’église était apprêtée pour un mariage…

Nous nous sommes installés à l’hôtel et avons profité de la piscine avant de célébrer la messe dans la salle-à-manger (le patron est chrétien). En fait, Madaba est une ville qui a été fondée pour accueillir des chrétiens, il y a plusieurs églises construites sur les églises byzantines. Depuis quelques années, les musulmans sont majoritaires puisque nous ne sommes qu’à 30km d’Aman, la capitale et proches de l’aéroport. C’est donc une banlieue sympa et la ville a connu un développement énorme dans les dernières années.

La nuit a été bien reposante.

Par EtienneJ - Publié dans : zazajeru
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /Mai /2007 17:20

Chers tous,
L'après-midi du 30 avril fut assez exceptionnelle pour une bonne vingtaine d’entre nous. Matteo, à la demande des étudiants, avait organisé une excursion à Naplouse pour assister à la Pâque samaritaine. Rendez-vous était pris à 15h00 pour monter dans le bus que nous avions réservé. Nous formions un convoi avec quatre voitures pleines de diplomates guidés par Marcel Sigrist.

 


Les paysages de Samarie sont fascinants ; la route suivait la crête : vallée, villages, champs, oliveraies... Vers 16h30, nous sommes arrivés à Kiryat Luza, sur les pentes du Mont Garizim. Le lieu est le centre cultuel exclusif des Samaritains, ce qui les oblige à vivre dans la région. On voit cela dans l'évangile de Jean au chapitre 4 lorsque la Samaritaine demande à Jésus où il faut adorer le Seigneur. Voilà notre groupe d'étudiants et de diplomates suivant Marcel Sigrist qui a fait un petit speech sur les Samaritains.


 

Ensuite, nous avons pu nous approcher du sommet du Garizim, qui était fermé, à cause de la grande affluence... Mais le petit Étienne s’est glissé sans rien dire sous les barrières et a été le seul à pouvoir accéder au site et donc à pouvoir y prendre des photos... La photo qui suit est donc unique... Vous y voyez les vestiges de l’église byzantine construite au sommet du Mont.



Puis le groupe est descendu vers le lieu de la cérémonie. Les non Samaritains sont entassés dans des tribunes derrières des grilles. Voyez qu'on est plutôt serré, vous reconnaîtrez là, quelques étudiants de l'École : Matteo, Agnès, Benoît, etc.







Voici comment la cérémonie s'est déroulée.


Peu avant le coucher du soleil, toute la communauté samaritaine est rassemblée. Les hommes sont habillés tout en blanc et coiffés (béret basque, béret militaire, tarbouche...). Beaucoup sont chaussés de bottes blanches. Selon Guillaume, c'est pour passer la Mer Rouge à pied sec mais il ne semble pas que ce soit la bonne raison... Au milieu de l'esplanade, une grande rigole d'une dizaine de mètres de long, bordée de tuyaux d'arrosage suspendus à un portique.


A l'autre extrémité de l'esplanade, on voit six grands puits d'environ deux mètres de profondeur dans lesquels flambe un brasier.

Ne pas trop s'approcher sinon on cuit...
Peu à peu, on amène les moutons qui seront sacrifiés. Les pauvres bêtes n'en mènent pas larges.

Les prêtres, cohanim, arrivent, vêtus de longues tuniques vertes ou bleues.




 Le grand prêtre arrive le dernier, couvert d'une sorte de châle de prière, comme c'est le plus ancien des cohanim, deux hommes le soutiennent dans sa marche. Tous les prêtres s'assoient à proximité de la rigole. A ce moment, les non Samaritains sont conduits hors de l'esplanade, la raison n'en est pas tant une exigence de pureté que la sécurité et la sérénité du sacrifice.



Quelques chaises proches des cohanim sont réservées pour les notables locaux, autorités civiles et religieuses. De plus, quelques policiers israéliens font le service d'ordre.
Peu à peu, les bêtes sont amenées de part et d'autre de la rigole. Chacune est maintenue entre les jambes d'un homme en blanc.


A ce moment, on se prépare : on affûte les couteaux !!!


Il y en a même un qui garde ses couteaux dans un sac "Love" !!!





Les prêtres ont commencé à chanter, suivis par les hommes, les mains levées. Au moment où le soleil se couche, on lit le texte du livre de l'Exode, au chapitre 12, institution de la Pâque.



Tout le monde chante le texte, on sent la tension qui monte... Les hommes s'inclinent puis poussent de grands cris : "Ah ! Ah ! Ah !"

Lorsque on arrive au passage "Toute l'assemblée de la communauté d'Israël l'égorgera au crépuscule", on égorge les bêtes.

Cris des hommes, applaudissements, hurlements (les bêtes restent dignes et silencieuses, elles comme dit le prophète Isaïe "il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir" Is 53, 7), un brin d'hystérie collective.

Puis les hommes se font un signe sur le front avec le sang des bêtes, comme dans l'Exode et ils s'embrassent.

 


 


En plus de ça, le sang jaillit sur les vêtements blancs, certains sont vraiment dégoulinants.

 


Les femmes, pas du tout impressionnées, viennent tremper leur main dans le sang pour se marquer elles aussi.


 

 

Les bêtes sont ensuite dépecées, vidées. C'est une boucherie à ciel ouvert.












Les peaux sont brûlés dans les brasiers en répandant une tenace odeur de roussi.

 

Les carcasses sont mises sur des tiges de bois très longues et mises à rôtir. C'est le méchoui...














Le côté liturgique est finalement assez ténu. Mais il faut attendre minuit pour consommer la viande.

Nous avons rejoint notre bus. Retour sans trop d'histoires et à 22h00, nous étions à la maison.
Nuit calme et sans mauvais rêves...
Enfin, cette excursion valait le détour : *** au Michelin !

Par EtienneJ - Publié dans : zazajeru
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 19:28
Chers amis,
Terminons cette évocation avec ce qui fut notre dernière journée dans la verdoyante Galilée.
Rapide passage à Tabgha, puis à la synagogue de Gush Halav. Nous avons aussi rencontré quelques membres de la communauté chrétienne maronite du lieu.




Toujours plus vers le nord, nous nous sommes rendus sur les pentes du Mont Meron. La frontière libanaise est toute proche et le sommet (1071m) est occupé par un poste militaire israélien.
Mais un petit sentier fait le tour du sommet et offre un panorama splendide sur tous les environs.






Au loin, près de Gush Halav, le village de Dalton (rien à voir, il est fils unique...)

Plus loin, un village israélien où l'on parle italien ! Les habitants sont originaires d'un village italien converti au judaïsme à la fin de la deuxième guerre mondiale et émigré en Israël, au moment de la création de l'état.

Sur la face nord-est du Mont Meron, un ancien pressoir à vin témoigne de l'existence de vignobles au 16° siècle sur les pentes de la montagne :


Encore plus proche de la frontière libanaise, nous avons vu la synagogue de Bar'am (suivre le lien).







Elle s'élève au milieu du village arabe chrétien de Bir'am. Ce village, évacué pendant la guerre de 1948 a finalement été détruit par l'armée israélienne et une partie de ses terres allouées au kibboutz voisin.













Les familles originaires du village demandent depuis ce temps-là de pouvoir retourner dans leur village et cultiver les terres laissées incultes. Ils attendent toujours.
Parmi ces familles, celle de Mgr Elias Chacour. Elles continuent tout de même à célébrer baptêmes et mariages dans l'église laissée debout et à ensevelir leurs morts dans le cimetière du village.
Lorsque nous sommes passés, un mariage se préparait.





Après un pique-nique écourté par quelques gouttes de pluie, nous avons longé la frontière libanaise.






Sur une crête faisant face à Israël, le drapeau jaune du Hezbollah... La guerre est toujours là.










Notre dernière étape s'est faite autour du térébinthe séculaire de Qedesh Nephtali. Il semble dater de 2000 ans : sur la photo, les étudiants s'émerveillent sur la térébentine, la sève de cet arbre à la croissance extrêmement lente.


La route du retour a été calme... Tout le monde dormait ! De retour à Jérusalem, la tête pleine de bons souvenirs.
Quand retourne-t-on en Galilée ?
Par Etienne J. - Publié dans : zazajeru
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 08:27
Chers amis,
Le compte-rendu de notre expédition galiléenne touche à sa fin. Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir deux sites complètement différents...
Tout d'abord, Haçor ! Située sur un promontoire dominant la haute vallée du Jourdain, la ville revêtait une importance stratégique.
En entrant, on passe par la porte israélite datée du 10° siècle avant J.-C.




En dessous, des vestiges cananéens. Mais ce qui attire tout de suite le regard, c'est l'importante structure moderne qui recouvre un énorme bâtiment : le palais cananéen.



Sur une base en basalte bien stable, on a édifié des murs en briques crues... Le toit moderne a été rendu nécessaire sous peine de voir fondre le palais comme neige au soleil.

Au premier plan, dans le dos de Guillaume, un podium.










Notre reporter n'a pu se retenir de vous montrer (pour faire plaisir à Aurélie) la crapaudine du palais :










A quelques distances de là, les vestiges des maisons israélites qui se trouvaient au dessus du palais cananéen ont été déplacés. Les étudiants écoutent attentivement :












Dans ces maisons, un pressoir à huile daté du 8° ou 9° siècle avant J.-C.











La ville d'Haçor n'a pas été complètement fouillée... Le site s'étend sur 80 hectares... Seule la ville haute (10 ha) a fait l'objet de fouilles. Sur la photo suivante, vous avez un exemple du panorama de la région. La verdure au second plan recouvre la ville basse.

Haçor, c'est aussi ce fameux système de stockage de l'eau dans lequel nous sommes descendus. Avant de se lancer dans l'aventure, nous avons écouté les explications détaillés de Bernard Geoffroy.



*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*



Le lendemain, jeudi 12 avril, nous avons visité Sepphoris, en hébreu Zippori. En plus de sa synagogue, Sepphoris nous montre un petit théâtre romain.

Certains étudiants n'ont pas hésité à faire état de leurs talents comiques.

Enfin, là, on dirait plutôt du théâtre conceptualo-symbolico-moderne...






♫ ♪ ☺





Plus loin, je vous laisse deviner ce qui attire le regard des étudiants.

C'est elle, la "Joconde de Galilée" !
Mais, s'il y a une Joconde à Sepphoris, nous en avions trois avec nous pendant le voyage :






   Jacintha, Hoby et Elisabeth !








Mais Sepphoris, c'est aussi une ville romaine avec son Cardo et son Décumanus.
Souvenez-vous aussi du système d'aqueducs complexes mis en place par les habitants de la ville.

Par Etienne J. - Publié dans : zazajeru
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